Tarif I : 4 août 1941 "rationnement sur le papier"

Ticket de carnet de 2 ème classe : En 1941, afin de faire des économies de papier, les carnets de 10 tickets disparaissent pour laisser place aux carnets de 5 tickets "valable pour 2 voyages".









Mais rapidement un problème "sémantique" apparait. Certains voyageurs interprètent les tickets valables pour 2 voyages comme un ticket valables pour un voyage à deux. Problème ! On modifie donc l'intitulé en "billet individuel valable pour deux voyages successifs".









1941 : le nombre de voyageurs transporté atteint 1 035 124 000. 
Les pénuries imposées par l'occupation allemande et notamment l'absence d'essence sont la raison essentiel de cette forte augmentation. En effet, les parisiens de l'époque n'avaient plus le choix pour leurs déplacements quotidiens qu'entre leurs pieds, la bicyclette ( si ils avaient la chance d'en avoir une !) ou le métro. (en savoir plus sur le métro sous l'occupation)

Exceptionnelle et unique image "en couleurs" de Paris sous l'occupation prise à l'entrée de la station Opéra
tirée du livre " Petite histoire du ticket de métro parisien - Ed.Télémaque



















En 1943, la taille du trou de compostage deviens plus grande !  
On se demande comment,  en pleine période de restriction en tous genres une idée aussi saugrenue viens à l'esprit des responsables de l'époque ?  Une hypothèse expliquerait peut être ce choix : des petits malins cherchant à faire des économies ce seraient amusés à remplir le trou du compostage d'un bout de mie de pain écrasée afin de faire passer des tickets usagés pour des tickets neufs ? mais à ce jour l'énigme reste entière ! 












 



En plus du compostage fait par les poinçonneurs lors de l'entrée en station, un autre contrôle est fait par un agent qui se trouve en permanence dans la voiture de première classe.  Ce n'est qu'après 1945 que l'on supprimera ce poste pour le remplacer par des agents volants. Chaque ligne avait une forme de trou spécifique. (Tableau des empreintes - Collection Bernard Hanquez)


Cliquer sur le lien "messages plus anciens" (ci dessous) pour voir la suite de la collection 

1941 : création de la carte Hebdomadaire de travail

Cette année là, le métro connait un pic de fréquentation ( un milliard de voyageurs transportés). La cause de ce pic majeur est liée au rationnement qu'imposent l'occupation allemande et qui fait disparaitre notamment les pneumatiques et surtout l'essence ( donc plus de voitures particulières et quasiment plus de bus). Les parisiens n'ont donc plus le choix qu'entre le vélo et le métro pour leurs déplacements. Afin d'apporter une réponse de simplification tarifaire a cet afflux de voyageurs ont crée donc la première carte hebdomadaire de travail.


Le prix de cette carte valable 12 allers & retours est alors de 10 francs. (premier modèle format: 135 X 80 mm - les restrictions de papier en feront réduire le format à deux reprises durant l'occupation)



Ticket à l'unité portant le nom de station de délivrance. Il est à noter que la station Beaugrenelle s'appelle aujourd'hui Charles Michel (elle à changé de nom tout comme une dizaine d'autres stations à qui on a donné dans l'immédiate après guerre le nom de héros de la résistance et de batailles symboliques gagnés face aux régime nazi).     
ticket de metro histoire metro histoire métro ticket de métro plan métro paris parisien ratp métro parisien metro parisien                                             tarif ticket

Tarif J : 1 er avril 1944, Le ticket de la "Libération"


















25 août 1944 : Et voila venue le temps de la Libération tant attendue ...
photo tirée du livre " Petite histoire du ticket de métro parisien" Ed. Télémaque

Billet militaire (recto-verso)

Les soldats allemands avaient libre accès au métro et voyageaient de surcroit en première classe (sur la recommandation du commandement militaire du " Gross Paris").
Avec les soldats alliés,  il en est tout autrement puisqu'en concertation avec les représentants des troupes alliés les soldats anglo-américains achètent eux un ticket spécialement crée pour eux. 
Durant les derniers mois de l'occupation un certain nombre de parisiens s'amusaient à découper leur ticket de métro usagés en forme de croix de Lorraine et les laissaient tomber sur le sol des stations ce qui agaçait biensur les allemands. 

Voir un film d'images inédites de la libération de Paris : ICI

Tarif K : 1 er mars 1945




Tarif L : 5 janvier 1946 : l'année de tous les records"




note pour les spécialistes : La suppression de la 1ère classe intervenant au cours de ce tarif (L) il existera donc deux modèles avec ou sans la mention de la classe

C'est en 1946 que le chiffre de 1,5 milliards de voyageurs transportés est atteint (et à ce jour jamais atteint de nouveau !)


Ticket de supplément "K/L" : ce type de ticket justificatif de perception d'un supplément permettait à l'usager d'utiliser un ticket du tarif précédent (K) en toute légalité.


1946 c'est aussi l'année de la sortie du film " Les portes de la nuit"  avec un " jeune premier" du nom d'Yves Montand. Un grand nombres de scènes sont tournées dans le métro de l'époque.
(Réalisateur Marcel Carné, dialogues de Jacques Prévert et décors d'Alexandre Trauner) 

Petits instants de vie...

Un ticket de métro ça sers a beaucoup de choses : prendre la fuite (voir le récit avec Juliette Gréco ci dessous) noter une adresse (à la suite d'une rencontre...) ou un itinéraire, marque page, pliage artistique ou anti-stress sur un trajet, cure dent ou cure ongle !
On retrouve donc parfois au dos des tickets des petits instants de vie passée ...




La belle histoire du ticket de métro de Juliette Gréco :

Durant l'occupation, Juliette Gréco est arrêtée avec sa soeur par la Gestapo à Paris (elle a 16 ans !) et après plusieurs semaines d'incarceration elle est finalement libérée (sa soeur elle sera déportée). A sa sortie du siège de la gestapo, dans une ville qu'elle ne connait pas, il ne lui reste qu'un jeton de téléphone et un ticket de métro (un Aller & Retour, mais déjà composté pour un trajet). Le jeton lui permettra de téléphoner à la seule personne qu'elle connait sur la capitale (une ancienne professeur de Français)et grâce à ce ticket de métro valable encore pour un voyage, il lui permettra de la rejoindre la pension de famille indiquée par sa professeur et ou elle se cachera le reste de l'occupation. Cette pension de famille était située à Saint Germain des Près ou sa carrière débuta juste après la libération...

Tarif M : 24 novembre 1947 & suppression de la première classe



Ticket de carnet de "classe unique". La suppression de la tarification première classe intervient en janvier 1947 pour finalement être rétablis en décembre 1948.

Tarif N : 4 octobre 1948

"Baby Boom" oblige, c'est en Décembre 1948 qu'apparait le tarif réduit (- 50 %) pour les familles nombreuses


Le prix du ticket de carnet de 2 ème classe fait un bond (inflation d'après guerre oblige) est passe à 10 francs anciens pour 15 francs anciens en 1 ère classe.


Le 1 er janvier 1949 la RATP ( Régie Autonome des Transports Parisiens) est créée. Pour la faire "courte" elle est le fruit de la fusion de l'ancienne Compagnie des Chemins de fer Métropolitain de Paris (le réseau "souterrain" : le métro) et la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne (le réseau de "surface" : le bus)
(Collection Julian Pepinster)

Tarif O : 30 janvier 1950




ticket de supplément (collection particulière)

Le métro fête ses 50 ans avec un reportage des " Actualités françaises" (durée : 1,43 minutes)



Tarif P : 26 février 1951





Un rôle de cinéma pour un ticket dans le Film le "Salaire de la Peur" avec Yves Montand et Charles Vanel - Film d'Henri Georges Clouzot - 1953

Tarif S & T : 6 août 1951

C'est le 6 août 1951 qu'apparait le tarif S. Le prix  est alors de 20 francs pour un ticket de carnet de deuxième classe et 30 francs pour la première classe.


Mais pourquoi donc la RATP choisit-elle de passer directement du tarif P au S en oubliant le Q et le R ?

Il y a plusieurs hypothèses : On imagine assez bien les plaisanteries au guichet avec les voyageurs qui demandent le "prix d'un Q de première classe" ou bien encore le "prix d'un aller et retour en Q" !

Mais alors pourquoi avoir également oublié également le tarif R ? la raison est sans doute plus pragmatique que cela. Elle est sans doute due au fait qu'il existait un risque de confusion pour les poinçonneurs entre les lettre O et Q d'une part et d'autre part, peut être le risque d'offrir à d'éventuels resquilleurs la possibilité relativement facile de maquiller  un O en Q et également un P en R tout cela en rajoutant un simple trait ? mais à ce jour le mystère reste entier !



Billet de supplément permettant d'utiliser un ticket du tarif précédent

Billet collectif (fin des années 50)

Extraordinaire documentaire (en couleurs) sur le métro des années 1950 (durée : 4,45 minutes) 

Tarif V : 6 janvier 1958

Changement de tarif et changement de couleur : havane pour la deuxième classe et vert pour la première.Le prix pour un ticket de 2 ème classe (en carnet) passe alors à 30 anciens francs pour 45 anciens en 1 ère classe.



Disparition des tickets valables pour deux voyages successifs. Pour la petite histoire ces tickets avaient été créé durant la guerre afin de palier à la pénurie de papier.



Pochette de disque 45 tours " le poinçonneur des Lilas" par les Frères Jacques - 1958
(Collection Bernard Hanquez)


Carte hebdomadaire (toujours pour 12 voyages et pour la somme de 160 anciens francs)


Billet de tourisme


Le "bulletin de retard" était remis aux usagers lors de perturbation du trafic et il servait de justificatif de retard auprès de l'employeur, du professeur, etc


1958 :  Serge Gainsbourg chante pour la première fois "le poinçonneur des Lilas" (voir la vidéo)


La fameuse pince du poinçonneur - modèle 1954 photo © G.Thonnat
Une pince comme celle-ci a été vendue 500 euros... lors d'une vente à l'Hôtel Drouot le 14 décembre 2009